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Dorian Dreuil, Secrétaire Général d’ ‘Action contre la Faim France’ : « Le citoyen associatif a besoin de concret et d’action »

Dorian Dreuil est Secrétaire Général d’ « Action contre la Faim France », une ONG qui symbolise l’engagement citoyen au nom de valeurs – comme la solidarité – censées animer notre République. 

  • On connaît la dimension internationale de votre ONG humanitaire « Action contre la faim ». Que signifie l’action humanitaire aujourd’hui? En quoi consiste votre action en France

 

Effectivement, Action contre la Faim, c’est 40 ans d’actions humanitaires, de lutte contre la faim dans le monde sur près de 49 pays d’interventions en Afrique, en Asie ou en Amérique du sud. La pratique de l’action humanitaire a beaucoup évolué au fil des crises auxquelles elle a dû répondre, l’année 2018 marque d’ailleurs les 50 ans du mouvement humanitaire français « sans frontières ». L’enjeu central aujourd’hui pour la communauté humanitaire est la localisation de l’aide. En effet, l’humanitaire d’aujourd’hui est au plus proche des besoins, des populations vulnérables. Mais le sens de l’humanitaire reste toujours de porter secours, changer des destins et rester quand les caméra s’en vont pour lutter dans la durée et faire le lien entre urgences et développement.

Mais Action contre la Faim en France, ce sont des centaines de bénévoles qui s’engagent pour sensibiliser et mobiliser l’opinion publique. Si on regarde les causes qui ont marqué l’histoire, seules les grandes mobilisations citoyennes on permis de changer le monde. C’est le rôle de la grande famille des délégations départementales et de nos bénévoles en France, permettre de créer un mouvement citoyen contre la faim pour que chaque citoyen puisse agir à nos côtés.

 

  • Les démocraties semblent trembler sur leurs propres fondements. La défiance citoyenne est de mise. Est-ce que les ONG et autres associations sont susceptibles d’offrir des réponses à la crise démocratique?

 

Bien sûr, je suis convaincu que l’engagement citoyen est le remède aux maux de notre temps et à ce « clair-obscur » qui tourmente nos certitudes et dont a peur de voir les monstres surgirent. Le mouvement associatif et les ONG sont des outils, que chacun peut rejoindre pour s’engager. Ce sont de formidables laboratoires d’idées et les associations ont un rôle central dans la société, dans l’expression des solidarités et la construction de demain. Lanceur d’alerte, contre-pouvoir, auxiliaire des pouvoirs publics, le monde associatif est riche de sa diversité d’engagement.

 

  • Au regard de votre expérience, quelles sont les formes d’engagement citoyen que vous voyez naître ou se développer? Dessinent-elles une néo-citoyenneté du XXIe siècle?

 

Les logiques d’engagement évoluent, elles sont aujourd’hui nourries de l’immédiateté, voire de l’instantanéité, l’action à laquelle on consacre du temps doit porter un résultat pour donner du sens à l’engagement. Nous pourrions même parler de citoyen associatif, dans des formes beaucoup plus souples aujourd’hui que par le passé. Le citoyen associatif a besoin de concret et d’action. La nature du bénévolat change également, elle est de plus en plus portée vers l’action pour obtenir un changement. Les récentes marches pour le climat sont par exemple riches d’enseignement et montrent que de nouvelles formes de mobilisation collective voient le jour, en dehors des associations ou des ONG. Elles naissent rapidement et s’engagent fortement, aux associations de permettre de poursuivre dans la durée cet engagement et de susciter l’envie de partager une indignation naissante. Pour donner vie aux mots d’Albert Camus : « la vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent » l’engagement citoyen du XXIe siècle devra être plus fort que jamais.

La rédaction

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